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EMPOWER : Lutte contre le mariage forcé au Bénin

Pour une entière autonomisation des femmes

(Lire le témoignage de la jeune fille Christine, sauvée du mariage forcé par l’ONG AUTRE VIE)

Le mariage peut être défini comme un accord volontaire entre deux individus de sexes opposés qui décident de s’unir dans l’intention de fonder un foyer pour y vivre ensemble. Ainsi défini, le mariage est un acte libre. Il devient « forcé » lorsqu’il est fait sans le consentement d’un des deux partenaires c’est-à-dire contre le gré de la femme ou de l’homme. Mais en Afrique, cette union involontaire est généralement faite contre le gré de la femme qui semble être marginalisé.

En Afrique, les causes du mariage forcé sont multiples et multiformes. Selon nos recherches auprès des victimes du mariage forcé au Bénin, il peut être dû à la pauvreté des parents de la fille, à une amitié profonde entre les deux familles, à une sorte de récompense à l’endroit de la famille du garçon par les membres de la famille de la fille. On cite également la création de l’amour par les pratiques occultes par les membres de la famille du garçon si la fille s’y oppose catégoriquement. Aussi, l’envie de certains parents d’appartenir à une famille riche par le biais du mari « forcé » de leur fille et certains liens familiaux trop élevés peuvent être soulignés. Malgré les efforts fournis par les organisations non gouvernementales et autres institutions de défense des droits de la personne et le respect de la dignité humaine en général et celle de la femme en particulier, le phénomène du mariage forcé reste et demeure une pratique des beaux jours dans nos villes et campagnes. Voici à cet effet, le témoignage d’une jeune fille donnée en mariage forcé depuis sa naissance à un vieil homme de 50 ans.

« On m’appelle Mlle D. A. Christine, j’ai 16 ans et je suis apprentie couturière. En 2009 lorsque j’étais encore élève aux cours primaires, mes parents m’avaient donnée en mariage à un riche homme de 51 ans, vivant dans le même village que nous, tout simplement parce que mon père lui avait fait cette promesse à ma naissance. Pour réussir leur bassesse, j’ai été placée auprès de ma tente dans une campagne voisine, une tente dont le mari n’était personne d’autre que cet homme  de 51 ans. J’étais supposée y rester jusqu’au moment où je serais prête pour le mariage. Je découvris plus tard que c’était un complot pour faire de moi, la deuxième coépouse de ma tente. Le bâtiment dans lequel nous vivions, était composé d’une chambre à coucher et d’un salon où je dormais avec mes petits cousins. Quelques mois après, le mari de ma tente estimait que j’avais grandi et que j’étais désormais apte à satisfaire ses envies sexuelles. Un jour, dans sa paillote isolée située à l’autre bout du champ, alors que nous revenions des travaux champêtres de la matinée, il me dit : « Je suis tombé amoureux de toi et je veux que tu sois ma femme » Je lui répondis catégoriquement « Non ». Il insista puis la troisième fois, je lui répondis sous l’effet de la colère : «  Mè xoxo gblégblé » ce qui signifie en langue Fon : « Vieil homme insensé». Pour finir, il me dit ceci : « A la rencontre de ta tente, tu changeras d’avis. Tu as encore des idées enfantines ». Le soir après le repas, ma tente me fit appel et tenta de me convaincre. Je lui ai répondu que son époux pourrait être mon papa. Pour rien au monde, je ne voudrais être la coépouse de ma tente. Je poursuivis en ces termes : «  Je peux épouser vos enfants, mais le vieux jamais ! » Loin d’être découragée, ma tente insistait chaque nuit, que j’aille dormir dans leur lit conjugal, avec son mari. Une nuit, réveillée de mon sommeil par les plaintes incessantes de ma tente, j’ai pu entendre : « Je disais  à cette petite de venir partager cette charge avec moi mais elle conteste. Dieu fera qu’elle tombe dans mon piège pour que j’aie la paix ». J’étais déboussolée et ne savais plus à quel saint me vouer surtout quand j’ai su que mes parents y étaient impliqués fortement. Mais….

Je me suis sauvée grâce à l’ONG Autre-Vie

En dépit de la complicité de mes propres parents et de leur maltraitance, j’ai pu échapper à ce mariage forcé. Grace à l’intervention de mon grand père, et de l’ONG AUTRE-VIE que je remercie infiniment, j’ai été sauvée.  Je suis revenue en famille et je continue ma formation »

                                                                 Propos recueillis par Erick AKUE et Germin DJIMIDO

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